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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 09:52

FIN DE LA SAGA DES QUINCAILLIERS…

De charretier à quincaillier… Chez les Tignères, Fa temps ! On était charretier de père en fils… Cette grande lignée de charretiers thuirinois s’est achevée avec le jeune Marcel. Confronté à la mécanisation de l’agriculture qui supplantait le cheval, il a donc troqué la charrette pour le négoce. Qui, parmi les anciens thuirinois de souche, aurait oublié la quincaillerie Canal dans la rue Arago ?

En 1961, Marcel et Louisette Tignères reprennent cette modeste échoppe, trop exiguë, quelque peu vieillotte… L’époque est alors aux progrès, à la modernité. En 1973, le couple ouvre boutique plus spacieuse sur le Bd Grégory. Pendant 20 ans Marcel et Louisette Tignères ont tenu commerce. A l’âge de 23 ans, Michel, leur fils, se cherche. Quand il enfile la blouse, il épouse à son tour ce métier de quincaillier.

Cœurs de Ville boudés

C’est un personnage thuirinois. Délicates moustaches à la Dali, la cinquantaine rieuse, l’œil malicieux, prompt au mot gentil…. Michel Tignères alias «Titi» se tient sur son pas de porte. «Fins aviat !« Lance-il à l’adresse de passants… Songe-t-il déjà à ce Samedi où il tirera définitivement le rideau de sa chère quincaillerie ? «J’ai succédé à mes parents il y a 27 ans avec Mariane, ma femme.» Évoque Michel nostalgique. «Ce métier de quincaillier m’a énormément apporté au plan humain. J’ai vécu d’extraordinaires relations humaines !« Révèle-t-il sur le ton de la confidence. «L’automobile conditionne aujourd’hui les habitudes d’achats dans les grandes surfaces par facilité, commodité… De ce fait, Les cœurs de Ville sont hélas de plus en plus boudés par les chalands.» Lâche-t-il avisé. Ne tente il pas ainsi d’analyser les mutations sociétales et ses corollaires économiques qui ont précipité la fermeture de son commerce ?

Et la Qualité de vie alors !

Comment en est-il venu à cesser son activité ? «Parce que je ne voulais et ne pouvais m’installer en zone périurbaine à Thuir sous une enseigne nationale de bricolage… Ainsi, progressivement je n’ai fait que des dépannages, quelques bricoles… dans ces conditions impossible de poursuivre. « Analyse Michel fataliste. Avons-nous évalué les coûts et le temps imparti à nos déplacements ? Ne serait-il pas sensé de privilégier plus souvent la proximité ? Les coûts de plus en plus prohibitifs des carburants ne vont-ils pas infléchir, à terme, nos comportements ? La survie des centres ville ne passe-t-elle pas par ce triptyque : Rues piétonnes, vélos, transports en commun ? «Sans cesse courir, aller vite, pressés, stressés. Finis ! Accueil, conseils, contacts et relations humaines…Les gens achètent un prix et non plus un produit. Et la qualité de vie alors ! « S’exclame le quincaillier. Il déplore aussi avoir de moins en moins d’échos en retour à ses «Bonjour» ou «au revoir».

En guise de révérence le sympathique Michel n‘oublie pas de «remercier tous mes clients, la Ville de Thuir, tous les commerçants qui ont fréquenté mon établissement durant toutes ces années. » Samedi 20 Janvier à 19 h la saga d’une célèbre famille thuirinoise de quincailliers arrêtera ….

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Published by Jean-Luc Modat - dans ECONOMIE
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